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Neurologie et psychisme

Phénobarbital

antiépileptique inducteur enzymatique

Orientation tierce

Par la rédaction Layer Nutrition · Comment l'atlas classe les 664 molécules

À quoi sert ce médicament

Sur le plan pharmacologique, Phénobarbital se rattache à la catégorie « antiépileptique inducteur enzymatique ». Les antiépileptiques stabilisent l'activité électrique du cerveau pour prévenir les crises ; ils se prennent régulièrement et ne s'arrêtent pas brutalement.

Pour Phénobarbital en pratique : Traite l'épilepsie. C'est le plus souvent un traitement de fond, pris à heure régulière sur de longues périodes ; son bénéfice se juge dans la durée, pas à la sensation du jour.

Sous quelles marques on la trouve

En France, on recense environ 4 présentations remboursables contenant Phénobarbital. On la trouve sous plusieurs noms de marque et en génériques.

  • Alepsal
  • Gardenal
  • Phenobarbital Richard
  • et d'autres présentations

Spécialités d'origine et génériques délivrent la même substance active ; le choix entre eux se fait avec le médecin ou le pharmacien.

Côté assiette : vitamine D et folates

Un traitement prolongé par phénobarbital abaisse la vitamine D de l'organisme : en freinant son activation dans le foie, il en réduit la forme utile. L'alimentation aide à entretenir ces apports, jour après jour, en plus de votre traitement.

Les poissons gras figurent parmi les meilleures sources de vitamine D : saumon, maquereau, thon. Le jaune d'œuf, le fromage et les champignons, surtout lorsqu'ils ont été exposés aux UV, en apportent également.

Le phénobarbital interfère aussi avec le métabolisme de l'acide folique. Les folates se concentrent dans les légumes à feuilles vert foncé, les légumineuses comme les haricots et les pois secs, et les agrumes. Composer ses repas autour de ces aliments couvre une bonne part des besoins.

Filets de saumon, source de vitamine D
Poissons gras
Œufs, dont le jaune apporte de la vitamine D
Œufs
Champignons, source de vitamine D après exposition aux UV
Champignons
Épinards, riches en folates
Légumes à feuilles vertes

Comment agit le phénobarbital

Le phénobarbital appartient à la famille des barbituriques, des dépresseurs non sélectifs du système nerveux central. Il agit sur le récepteur GABA-A du neurone : en s'y liant, il maintient ouvert le canal chlore associé. Le chlore entre alors davantage dans la cellule, ce qui hyperpolarise sa membrane. Le neurone devient plus difficile à exciter, et le seuil de déclenchement d'une crise s'élève.

Comme tous les barbituriques, le phénobarbital ralentit plus largement l'activité cérébrale, et son action ne se limite donc pas au contrôle des crises. Cette double dimension explique à la fois son efficacité anticonvulsivante et une partie de ses effets. Le bénéfice recherché tient dans un équilibre : une dose assez élevée pour prévenir les crises, assez mesurée pour limiter la sédation.

Pourquoi le phénobarbital est prescrit

Le phénobarbital est un anticonvulsivant. Il est indiqué dans le traitement des crises d'épilepsie généralisées, qui touchent d'emblée un large territoire du cerveau, et des crises partielles, qui naissent d'un foyer localisé. En relevant le seuil de déclenchement des neurones, il espace et réduit la survenue de ces crises.

Le médecin choisit la dose en fonction de la personne, de son âge et de la réponse observée. L'objectif est de prévenir les crises tout en gardant les effets sur la vigilance à un niveau acceptable. La réponse s'apprécie dans le temps, car l'effet dépend étroitement de la concentration atteinte dans le sang.

Comment le prendre au quotidien

Le phénobarbital se prend par voie orale, en comprimé ou en solution, d'une à trois fois par jour selon la prescription. Sauf indication contraire du médecin, il se prend sans contrainte particulière par rapport aux repas, et le patient conserve son alimentation habituelle. La régularité des prises est essentielle pour maintenir une concentration stable dans le sang.

Sa demi-vie plasmatique est très longue chez l'adulte, de 53 à 118 heures, avec une moyenne de 79 heures. Le médicament s'élimine donc lentement, ce qui rend possible une prise quotidienne unique et explique que l'équilibre s'installe sur plusieurs semaines. Cette inertie a une conséquence pratique : toute modification de dose et tout arrêt se décident avec le médecin, jamais seul.

Les effets à connaître

L'effet indésirable le plus fréquent est la somnolence, rapportée chez plus de 1 patient sur 100. D'autres troubles neurologiques et psychiques sont moins fréquents, chez moins de 1 patient sur 100 : agitation, confusion, ataxie (troubles de la coordination), dépression du système nerveux central, cauchemars, nervosité, hallucinations, insomnie, anxiété et vertiges. Ces effets tiennent à l'action dépressive de la molécule sur le cerveau et dépendent souvent de la dose.

Plus rarement, des réactions cutanées graves peuvent survenir, comme le syndrome de Stevens-Johnson et la nécrolyse épidermique toxique (syndrome de Lyell). Elles restent exceptionnelles, mais imposent une consultation immédiate devant une éruption étendue, des cloques ou une atteinte des muqueuses. Reconnaître ces signes permet de réagir vite.

Un inducteur enzymatique puissant

Le phénobarbital est un inducteur puissant des enzymes du foie, les cytochromes P450. Concrètement, il pousse le foie à fabriquer davantage de ces enzymes, qui dégradent alors plus vite de nombreux autres médicaments. Sont concernés les contraceptifs oraux, les anticoagulants, la théophylline et les corticoïdes, dont l'effet peut diminuer. Avec le dicoumarol, la concentration plasmatique baisse et l'activité anticoagulante se réduit, ce qui peut imposer d'adapter la dose.

Cette induction a une conséquence importante chez la femme : une contraception orale peut échouer, et des grossesses sous contraceptif ont été rapportées chez des patientes traitées par antiépileptiques. En cas de projet de grossesse, une supplémentation en acide folique (5 mg par jour) est recommandée avant la conception et au premier trimestre. Une supplémentation maternelle en vitamine K avant l'accouchement a aussi été proposée, mais le sur-risque hémorragique du nouveau-né reste débattu, des données récentes ne le confirmant pas.

Concentration sanguine, os et suivi

L'efficacité et la sécurité du phénobarbital tiennent à sa concentration dans le sang. La zone utile se situe entre 10 et 40 microgrammes par millilitre ; au-delà de 40, le patient entre en zone toxique. C'est pourquoi le médecin peut demander des dosages sanguins pour ajuster la posologie et rester dans cette fenêtre.

Un traitement prolongé peut aussi retentir sur l'os. Le phénobarbital freine la 25-hydroxylation de la vitamine D3 dans le foie, en réduisant l'expression des enzymes CYP27A1 et CYP2D25, ce qui diminue l'activation de la vitamine D et peut conduire à une carence, voire à une ostéomalacie. Les antiépileptiques inducteurs abaissent la 25-hydroxyvitamine D circulante : une méta-analyse retrouve sous carbamazépine une moyenne de 21,8 ng/mL contre 28,0 ng/mL chez les témoins. Une mesure régulière de la vitamine D fait donc partie du suivi des personnes épileptiques traitées.

Sources

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Les compléments à envisager

Au-delà de l'assiette, un actif isolé peut se discuter, à valider avec votre médecin ou votre pharmacien. Voici lequel et sous quelle forme.

Vitamine D3 (cholécalciférol)

La vitamine D est une vitamine liposoluble. La forme D3 (cholécalciférol) est celle retenue par la plupart des recommandations. Elle s'absorbe mieux prise au cours d'un repas contenant des matières grasses.

Forme à privilégier D3 (cholécalciférol), au cours d'un repas gras

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Questions fréquentes

À quoi sert le phénobarbital ?

Le phénobarbital est un antiépileptique de la famille des barbituriques, prescrit contre certaines formes d'épilepsie et comme anticonvulsivant. C'est aussi un puissant inducteur enzymatique, ce qui modifie l'action de nombreux autres médicaments. Pour l'indication qui vous concerne, référez-vous à la notice et à votre médecin ou pharmacien.

Quels sont les effets secondaires du phénobarbital ?

La notice mentionne notamment une somnolence, une sédation, un ralentissement, des éruptions cutanées et un risque de dépendance. La liste complète et la fréquence de ces effets figurent dans la notice du médicament. En cas d'effet gênant ou inattendu, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.

Peut-on arrêter le phénobarbital du jour au lendemain ?

Un arrêt brutal du phénobarbital expose à un risque de crises et de syndrome de sevrage, il ne se décide jamais seul. Toute modification de dose ou tout arrêt se fait avec votre médecin, qui adapte la conduite à tenir. Reportez-vous à la notice pour la marche à suivre.

Le phénobarbital interagit-il avec la contraception ou les anticoagulants ?

En tant qu'inducteur enzymatique, le phénobarbital peut réduire l'efficacité de plusieurs traitements, dont certaines contraceptions hormonales et des anticoagulants. Signalez tous vos médicaments, y compris ceux pris sans ordonnance, à votre médecin ou pharmacien. Les interactions sont détaillées dans la notice.

Peut-on boire de l'alcool sous phénobarbital ?

La notice déconseille l'alcool pendant un traitement par phénobarbital, car il peut majorer la somnolence et la sédation. Pour votre situation précise, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Phénobarbital et vitamine D : que surveiller lors d'un traitement prolongé ?

Des études associent les antiépileptiques inducteurs enzymatiques, dont le phénobarbital, à un statut plus bas en vitamine D, un mécanisme avancé étant une dégradation accélérée de la vitamine dans l'organisme. L'actif à considérer est la vitamine D3, ou cholécalciférol, la forme la mieux étudiée pour le statut vitaminique. Le suivi passe par un dosage sanguin de la 25-hydroxy-vitamine D, à interpréter avec votre médecin, qui juge de l'intérêt d'une supplémentation.

Ces réponses portent sur le volet nutritionnel. Pour toute question sur votre médicament, la notice et votre médecin ou pharmacien font foi.