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Cœur et lipides

Pravastatine

statine · hypolipémiant

Notre référence

Par la rédaction Layer Nutrition · Comment l'atlas classe les 664 molécules

À quoi sert ce médicament

Pravastatine appartient à la catégorie « statine (hypolipémiant) ». Les statines freinent dans le foie une enzyme clé de la fabrication du cholestérol, ce qui fait baisser le cholestérol LDL mesuré sur le bilan sanguin. C'est un traitement de fond dont on ne ressent rien au quotidien, et dont le bénéfice se compte en années.

Dans le cas de Pravastatine, cela se traduit ainsi : Réduit le taux de cholestérol dans le sang. On le prend en général sur la durée, dans le cadre d'un suivi régulier, et on ne l'interrompt pas de sa propre initiative.

Sous quelles marques on la trouve

Pravastatine entre dans la composition d'environ 13 présentations recensées en France. On la trouve sous plusieurs noms de marque et en génériques.

  • Pravastatine Accord
  • Pravastatine Almus
  • Pravastatine Arrow
  • Pravastatine Biogaran
  • Pravastatine Cristers
  • Pravastatine Cristers Pharma
  • Pravastatine Eg
  • Pravastatine Evolugen Pharma
  • et d'autres présentations

Spécialités d'origine et génériques délivrent la même substance active ; le choix entre eux se fait avec le médecin ou le pharmacien.

Notre référence pour ce traitement

Pravastatine fait partie des traitements du quotidien pour lesquels nous avons formulé un complément ciblé.

La référence Layer Nutrition correspondante
ST01 · Statines

Layer Nutrition Statines

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Comment agit la pravastatine

La pravastatine appartient à la famille des statines. Elle bloque de façon réversible l'HMG-CoA réductase, l'enzyme limitante qui transforme l'HMG-CoA en mévalonate, le précurseur du cholestérol. En freinant cette première étape, elle réduit la fabrication du cholestérol dans le foie. Il s'agit d'une inhibition compétitive et sélective, propre à toute la classe des statines.

Privé d'une partie de sa production interne, le foie réagit en multipliant les récepteurs aux LDL à sa surface. Ces récepteurs captent le LDL-cholestérol qui circule dans le sang et le retirent de la circulation, si bien que le LDL-cholestérol et le cholestérol total baissent. Ce LDL est précisément celui qui s'infiltre dans la paroi des artères et y forme des plaques d'athérome. En l'abaissant, la pravastatine ralentit ce dépôt.

Pourquoi elle est prescrite

La pravastatine est prescrite pour abaisser le cholestérol et réduire le risque de crise cardiaque et d'accident vasculaire cérébral liés à l'accumulation de cholestérol dans les artères. Les plaques qui se forment dans la paroi artérielle sont à l'origine de l'infarctus et de l'AVC, et le LDL est le moteur de leur croissance. En retirant ce LDL de la circulation, le traitement agit directement sur ce mécanisme.

L'objectif dépend de la situation de chacun. Chez certaines personnes, il s'agit de prévenir un premier accident cardiovasculaire ; chez d'autres, déjà touchées, d'éviter une récidive. C'est le médecin qui pose l'indication à partir du bilan lipidique et du niveau de risque global. Le bénéfice attendu se mesure sur des années, ce qui explique que le traitement s'inscrive dans la durée.

Comment la prendre au quotidien

La pravastatine se prend par voie orale, une fois par jour. Elle peut être avalée à n'importe quel moment de la journée, avec ou sans nourriture : l'effet sur les lipides est similaire que le comprimé soit pris pendant le repas ou une heure avant. La régularité compte davantage que l'horaire, car c'est la prise quotidienne qui maintient l'enzyme freinée jour après jour.

La demi-vie de la pravastatine elle-même est courte, de l'ordre de 1,8 heure, tandis que la demi-vie de la radioactivité totale, métabolites compris, atteint 77 heures. Cette action passe donc par une prise régulière plutôt que par une seule dose forte. Le traitement ne doit pas être arrêté de sa propre initiative : c'est le médecin qui juge de son maintien, de son adaptation ou de son arrêt, en fonction du bilan et de la tolérance.

Les effets à connaître

Les douleurs musculaires sont l'effet le plus souvent évoqué avec les statines. Dans les essais de longue durée, la myalgie a été rapportée chez 2,3 pour cent des patients sous pravastatine, contre 1,2 pour cent sous placebo ; les douleurs musculosquelettiques, elles, ont concerné 24,9 pour cent des patients contre 24,4 pour cent sous placebo. Les troubles digestifs et les maux de tête restent proches du placebo : nausées ou vomissements 7,4 pour cent (7,1 sous placebo), diarrhée 6,7 pour cent (5,6) et céphalées 6,3 pour cent (4,6).

Les atteintes graves du muscle sont rares. La rhabdomyolyse est la complication la plus sévère mais elle demeure exceptionnelle ; la myopathie dépend de la dose et régresse le plus souvent à l'arrêt. Une élévation des transaminases hépatiques est habituellement transitoire. Le traitement par statine est associé à une augmentation d'environ 9 pour cent du risque de diabète de survenue nouvelle (odds ratio 1,09 ; intervalle de confiance à 95 pour cent de 1,02 à 1,17).

Côté assiette

L'alimentation agit sur le même terrain que votre traitement. Les fibres solubles en sont l'exemple le mieux établi : les bêta-glucanes de l'avoine et de l'orge captent une partie du cholestérol dans l'intestin et en réduisent l'absorption. On les retrouve dans l'avoine, l'orge, les légumineuses comme les lentilles et les pois chiches, ainsi que dans les pommes. Les poissons gras apportent des oméga-3, l'huile d'olive et les fruits à coque de bonnes graisses, dans un ensemble alimentaire favorable au cœur.

Sous statine, la concentration sanguine de coenzyme Q10 diminue de façon significative, un effet retrouvé avec plusieurs statines dont la pravastatine (différence moyenne d'environ 0,44 micromole par litre). Le lien entre cette baisse et d'éventuelles douleurs musculaires reste débattu : certains travaux trouvent que la supplémentation atténue les symptômes musculaires sans modifier la créatine kinase, d'autres ne retrouvent pas de bénéfice. L'assiette apporte peu de coenzyme Q10, surtout par les viandes et les poissons gras, et le corps en fabrique lui-même la plus grande part. Quand cette fabrication est freinée, un apport ciblé peut se discuter, en plus de votre traitement, jamais à sa place.

Flocons d'avoine et grains d'orge, sources de fibres solubles
Avoine et orge
Lentilles crues en vrac
Légumineuses
Pavé de saumon frais riche en oméga-3
Poissons gras
Cerneaux de noix
Fruits à coque

Interactions et suivi

Certaines associations augmentent le risque musculaire et demandent des précautions. Avec la ciclosporine, on débute à 10 mg sans dépasser 20 mg par jour ; avec la clarithromycine ou l'érythromycine, on ne dépasse pas 40 mg par jour ; l'association au gemfibrozil est à éviter, et l'ajout de niacine, de fibrates ou de colchicine impose une surveillance. Une résine échangeuse d'ions, qui chélate les acides biliaires, doit être prise à distance : la pravastatine s'avale au moins une heure avant ou quatre heures après la résine, sinon son absorption baisse. Le produit est contre-indiqué en cas d'insuffisance hépatique aiguë, de cirrhose décompensée, ou d'hypersensibilité à la molécule ou aux excipients.

Le suivi encadre le traitement. Un bilan hépatique avec dosage des transaminases est recommandé avant l'instauration, puis selon la clinique. Le suivi du cholestérol repose sur un bilan lipidique au départ, refait 4 à 12 semaines après l'instauration ou un changement de dose. Le patient doit signaler toute douleur, sensibilité ou faiblesse musculaire inexpliquée, surtout si elle s'accompagne d'un malaise ou de fièvre.

Sources

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Questions fréquentes

Quels sont les effets secondaires de la pravastatine ?

La notice mentionne notamment des maux de tête, des nausées, des troubles digestifs et des douleurs musculaires. Pour la liste complète et ce qui vous concerne, référez-vous à la notice de votre boîte et parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien.

Faut-il prendre la pravastatine le matin ou le soir ?

La notice indique une prise par voie orale, en général le soir, avec ou sans aliment. Suivez la prescription de votre médecin et l'indication de votre notice, sans modifier vous-même le moment de prise.

Peut-on boire de l'alcool avec la pravastatine ?

La notice conseille de limiter la consommation d'alcool, qui peut peser sur le foie. Pour votre situation, demandez conseil à votre médecin ou votre pharmacien.

Quelles sont les principales interactions de la pravastatine ?

La notice signale des associations à surveiller, notamment les fibrates, l'acide fusidique, la ciclosporine, certains anticoagulants et la colestyramine. Signalez tous vos traitements à votre médecin ou votre pharmacien et consultez la notice avant toute association.

La pravastatine pose-t-elle un problème avec le pamplemousse ?

Contrairement à certaines autres statines, la pravastatine est peu concernée par cette interaction, car elle n'emprunte pas la même voie de métabolisme. Vérifiez toutefois votre notice et interrogez votre pharmacien en cas de doute.

La pravastatine peut-elle donner des douleurs musculaires ?

Les symptômes musculaires (douleurs, crampes, sensation de faiblesse) font partie des effets rapportés sous statine. Si vous ressentez des douleurs musculaires inhabituelles ou persistantes, parlez-en rapidement à votre médecin.

Peut-on arrêter la pravastatine seul ?

N'arrêtez pas votre traitement de vous-même. Un arrêt se décide avec le médecin qui l'a prescrit ; c'est à lui de juger de la suite selon votre situation.

Que faire en cas d'oubli d'une prise ?

La conduite à tenir figure dans la notice ; en règle générale, on ne double pas la dose pour compenser un oubli. En cas de doute, demandez à votre pharmacien ou à votre médecin.

La pravastatine est-elle compatible avec la grossesse ou l'allaitement ?

La notice déconseille la pravastatine pendant la grossesse et l'allaitement. Si vous êtes enceinte, prévoyez de l'être ou allaitez, parlez-en sans attendre à votre médecin.

La pravastatine fait-elle baisser le coenzyme Q10 ?

Le coenzyme Q10 et le cholestérol partagent une même voie de fabrication dans l'organisme, la voie du mévalonate. Des travaux, dont Moosmann et Behl (FASEB J, 2004), associent la prise de statine à une baisse du coenzyme Q10 dans le plasma. C'est une association observée, pas une carence démontrée.

Quelle forme de coenzyme Q10 envisager pendant un traitement par pravastatine ?

Le coenzyme Q10 existe sous forme d'ubiquinol, sa forme réduite, celle que nous avons retenue pour notre référence ST01, pensée comme une couche à ajouter par-dessus le traitement. Les essais de supplémentation restent mitigés sur les symptômes musculaires : gardez ce point dans la conversation avec votre médecin.

Ces réponses portent sur le volet nutritionnel. Pour toute question sur votre médicament, la notice et votre médecin ou pharmacien font foi.