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Anti-infectieux

Rifampicine

antibiotique

Orientation tierce

Par la rédaction Layer Nutrition · Comment l'atlas classe les 664 molécules

À quoi sert ce médicament

Rifampicine appartient à la catégorie « antibiotique ». Les antibiotiques traitent les infections dues à des bactéries. Ils se prennent en cure, sur une durée définie, jusqu'au bout de la prescription.

Concrètement, pour Rifampicine : Traite une infection bactérienne. Son usage est en général limité dans le temps, ajusté à la situation.

Sous quelles marques on la trouve

En France, on recense environ 5 présentations remboursables contenant Rifampicine. On la trouve sous plusieurs noms de marque et en génériques.

  • Rifadine
  • Rifadine Iv
  • Rifater
  • Rifinah
  • Rimactan

Génériques et marque d'origine sont équivalents pour la substance active ; l'aspect, le nom ou les excipients peuvent seuls différer.

Côté assiette : vitamine D

Sous rifampicine, l'organisme inactive plus vite la vitamine D, et un traitement prolongé peut en épuiser les réserves. L'alimentation aide à en apporter chaque jour, avec le soleil et ce que prévoit votre médecin.

La vitamine D se trouve surtout dans les poissons gras : saumon, sardines, maquereau. Le jaune d'œuf en fournit une part utile, tout comme les champignons, seuls aliments non animaux à en contenir de façon notable, surtout lorsqu'ils ont été exposés aux UV. Mettre l'un de ces aliments à votre table plusieurs fois par semaine soutient l'apport.

La vitamine D se stocke dans les graisses et se retient mieux quand elle accompagne un repas contenant un peu de matière grasse, par exemple un filet d'huile d'olive sur les légumes ou l'avocat. Miser sur les poissons gras deux à trois fois par semaine reste la façon la plus simple de garnir régulièrement l'assiette, en plus de votre traitement.

Comment agit la rifampicine

La rifampicine est un antibiotique qui vise le cœur de la machinerie bactérienne : l'ARN polymérase ADN-dépendante, l'enzyme qui recopie l'ADN en ARN. En s'y fixant, elle bloque la synthèse de l'ARN, soit en obstruant physiquement la sortie du transcrit d'ARN naissant, soit en réduisant l'affinité de l'enzyme pour les courts transcrits. Privée de son ARN, la bactérie ne peut plus fabriquer ses protéines et meurt.

Cette cible est propre au monde microbien : la rifampicine agit sur l'ARN polymérase des bactéries et pas sur l'enzyme équivalente des cellules humaines. Cette sélectivité explique son action bactéricide, c'est-à-dire qu'elle tue le germe au lieu de seulement freiner sa croissance. Sur Mycobacterium tuberculosis, elle reste active aussi bien sur les bactéries logées à l'intérieur des cellules que sur celles restées à l'extérieur.

Pourquoi la rifampicine est prescrite

Les indications approuvées tournent d'abord autour de la tuberculose, sous ses deux formes, active et latente, où la rifampicine occupe une place centrale du traitement. Elle sert aussi à éliminer le portage asymptomatique de Neisseria meningitidis, la bactérie responsable de certaines méningites, chez les personnes qui l'hébergent dans la gorge sans être malades.

En dehors de l'autorisation de mise sur le marché, la rifampicine est parfois employée contre la lèpre, contre certaines infections à staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM) et pour soulager le prurit, ces démangeaisons tenaces des maladies du foie avec rétention de bile. Le choix de la molécule, de sa dose et de sa durée revient au médecin, en fonction de l'infection traitée.

Comment la prendre au quotidien

La rifampicine se prend à jeun, avec un grand verre d'eau, une heure avant ou deux heures après un repas, car la nourriture réduit son absorption. Sa demi-vie à l'état d'équilibre est courte, de deux à trois heures, ce qui rend la régularité des prises importante pour maintenir un taux efficace. On ne l'interrompt pas de sa propre initiative, même si l'on se sent mieux : un traitement écourté laisse au germe une chance de survivre et de devenir résistant.

Un effet visible surprend souvent au début : le médicament colore de façon temporaire l'urine, la sueur, la salive, les larmes et les selles en jaune, rouge-orangé ou brun. Ce phénomène est sans gravité et disparaît à l'arrêt. En revanche, les lentilles de contact souples portées pendant le traitement peuvent se teinter de rouge de façon permanente, ce qui invite à préférer les lunettes durant cette période.

Les effets à connaître

Le foie est l'organe à surveiller en priorité. Un traitement prolongé s'accompagne d'élévations mineures et transitoires des transaminases sériques chez 10 à 20 % des patients, des anomalies de laboratoire qui n'imposent en général ni ajustement de dose ni arrêt. Plus rarement, la rifampicine provoque une atteinte hépatique cliniquement patente, avec ictère, qui peut être sévère voire mortelle, et dont le début survient typiquement une à six semaines après l'instauration du traitement. Par ailleurs, la bilirubine sérique monte souvent durant les premiers jours puis redescend : ce phénomène transitoire traduit une gêne du transport de la bilirubine dans le foie, et non une lésion des cellules hépatiques.

D'autres effets ne dépendent pas de la dose et relèvent de réactions d'hypersensibilité : urticaire, syndrome pseudo-grippal, chute des plaquettes (thrombopénie), destruction des globules rouges (hémolyse) et atteinte rénale. À l'inverse, les troubles digestifs et la coloration orangée des liquides corporels sont, eux, dépendants de la dose. Tout signe inhabituel, fièvre, jaunisse, éruption ou fatigue marquée, se signale sans attendre au médecin.

Pourquoi la vitamine D peut baisser

Un traitement prolongé par rifampicine peut conduire à une carence en vitamine D, voire à une ostéomalacie, ce ramollissement osseux lié au manque de vitamine D, en particulier chez les personnes dont les réserves étaient déjà marginales. La rifampicine active un récepteur nucléaire, le PXR (pregnane X receptor), aussi appelé SXR, qui sert de capteur des médicaments et des xénobiotiques dans la cellule.

La façon dont cette activation se traduit par une perte de vitamine D reste discutée. Selon une première piste, le PXR augmenterait la production de la 25-hydroxyvitamine D3-24-hydroxylase, ou CYP24, une enzyme mitochondriale qui inactive les métabolites de la vitamine D (Pascussi, 2005). D'autres travaux écartent cette voie et confient plutôt ce catabolisme à la CYP3A4 (Zhou, 2006). Le résultat net, lui, est constant : sous rifampicine, la vitamine D s'inactive plus vite et ses réserves peuvent s'épuiser au fil des semaines de traitement.

Interactions et suivi

La rifampicine est un inducteur puissant des cytochromes P450, ces enzymes du foie qui métabolisent les médicaments (CYP3A4, CYP2C9, CYP2C19, CYP2C8, CYP1A2). En les stimulant, elle accélère l'élimination de nombreux traitements et abaisse fortement leurs concentrations : statines, anticoagulants, opioïdes et contraceptifs oraux figurent parmi les plus concernés. Cette diminution d'efficacité des contraceptifs hormonaux impose d'ajouter une autre méthode de contraception pendant toute la durée du traitement. Toute association médicamenteuse mérite d'être vérifiée par le médecin ou le pharmacien.

Le suivi biologique repose surtout sur la surveillance du bilan hépatique, en particulier les transaminases, puisque leurs élévations sont fréquentes et que l'atteinte hépatique patente, quoique rare, peut être grave. Une hausse transitoire de la bilirubine en début de traitement est attendue et ne traduit pas à elle seule une souffrance du foie. Ce cadre de suivi permet de repérer tôt les rares complications et d'ajuster la prise en charge si besoin.

Sources

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Les compléments à envisager

Au-delà de l'assiette, un actif isolé peut se discuter, à valider avec votre médecin ou votre pharmacien. Voici lequel et sous quelle forme.

Probiotiques

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, principalement des lactobacilles et des bifidobactéries. Le dénombrement en UFC et le nombre de souches figurent parmi les critères de choix ; les gélules gastro-résistantes protègent les bactéries de l'acidité de l'estomac.

Forme à privilégier gélules gastro-résistantes, plusieurs souches, nombre d'UFC indiqué

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Questions fréquentes

Quels sont les effets secondaires les plus fréquents de la rifampicine ?

La notice mentionne notamment une coloration orangée à rougeâtre des urines, des larmes et de la sueur, ainsi que des troubles digestifs. Pour la liste complète des effets et leur conduite à tenir, reportez-vous à la notice et parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien.

Pourquoi la rifampicine colore-t-elle les urines en orange ou en rouge ?

Cette coloration des urines, mais aussi des larmes, de la salive et de la sueur, est un effet connu de la molécule et figure dans la notice ; elle peut aussi teinter durablement les lentilles de contact souples. Si un signe vous inquiète, votre médecin ou votre pharmacien vous éclairera.

La rifampicine diminue-t-elle l'efficacité de la pilule contraceptive ?

La rifampicine est un inducteur enzymatique puissant et la notice signale qu'elle peut réduire l'efficacité des contraceptifs hormonaux. La conduite à tenir et les alternatives éventuelles relèvent de votre médecin ou de votre pharmacien.

Peut-on boire de l'alcool pendant un traitement par rifampicine ?

La rifampicine sollicite le foie et sa notice appelle à la prudence vis-à-vis de l'alcool et des atteintes hépatiques. Pour votre situation précise, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Faut-il surveiller la vitamine D avec la rifampicine ?

En tant qu'inducteur enzymatique puissant, la rifampicine accélère le métabolisme de nombreuses substances, et des travaux associent ce traitement à une baisse du taux de vitamine D. Un dosage sanguin de la 25-hydroxyvitamine D permet d'objectiver le statut ; l'actif à considérer est alors la vitamine D3 (cholécalciférol), sous une forme simple, à évaluer avec un professionnel de santé.

Les probiotiques ont-ils un intérêt pour la flore pendant un antibiotique comme la rifampicine ?

Un antibiotique modifie l'équilibre de la flore intestinale, et la recherche relie la prise de probiotiques au confort digestif pendant et après un traitement antibiotique. Les actifs souvent étudiés sont des souches comme Lactobacillus rhamnosus ou la levure Saccharomyces boulardii, sous forme de ferments vivants, à discuter avec votre pharmacien.

Ces réponses portent sur le volet nutritionnel. Pour toute question sur votre médicament, la notice et votre médecin ou pharmacien font foi.