Métronidazole
antibiotique
Orientation tiercePar la rédaction Layer Nutrition · Comment l'atlas classe les 664 molécules
À quoi sert ce médicament
Sur le plan pharmacologique, Métronidazole se rattache à la catégorie « antibiotique ». Les antibiotiques traitent les infections dues à des bactéries. Ils se prennent en cure, sur une durée définie, jusqu'au bout de la prescription.
Concrètement, pour Métronidazole : Traite certaines infections bactériennes et parasitaires. Il s'emploie plutôt de façon ponctuelle ou en cure courte, le temps de passer un épisode.
Sous quelles marques on la trouve
En France, on recense environ 23 présentations remboursables contenant Métronidazole. Elle se présente sous divers noms commerciaux et sous forme de génériques.
- Birodogyl
- Flagyl
- Metronidazole Arrow
- Metronidazole B Braun
- Metronidazole Baxter
- Metronidazole Biogaran
- Metronidazole Noridem
- Pylera
- et d'autres présentations
Génériques et marque d'origine sont équivalents pour la substance active ; l'aspect, le nom ou les excipients peuvent seuls différer.
Côté assiette : manger malgré le goût métallique
Le métronidazole laisse souvent un goût métallique en bouche et peut donner des nausées, deux effets fréquents qui gênent les repas. Prendre le comprimé au cours d'un repas limite l'inconfort gastrique, et l'assiette aide à continuer de manger normalement pendant la cure.
Quand le cœur est barbouillé, les aliments doux et faciles à digérer passent mieux : riz complet, poisson blanc, pomme de terre, banane. Le yaourt nature apporte des ferments et se glisse facilement dans un repas, en plus de votre traitement. Manger en même temps que la prise adoucit le passage du médicament dans l'estomac.
Face au goût métallique, beaucoup de personnes tolèrent mieux les aliments frais et acidulés, comme les oranges et les fruits rouges, qui réveillent le palais. Pendant toute la durée du traitement et au moins trois jours après la dernière dose, l'alcool reste à écarter, y compris caché dans certaines sauces et desserts, car il déclenche une réaction pénible avec bouffées de chaleur et nausées.




Comment agit le métronidazole
Le métronidazole entre dans la cellule microbienne par simple diffusion, sans transporteur dédié. Une fois à l'intérieur, son groupe nitro est réduit par une enzyme propre aux micro-organismes anaérobies et aux protozoaires, la pyruvate-ferredoxine oxydoréductase. Cette réduction engendre des radicaux libres très réactifs qui cassent les brins de l'ADN et lui font perdre sa structure hélicoïdale. Privé d'un ADN intact, le germe ne peut plus se répliquer et meurt.
Cette activation ne se produit que dans un environnement au potentiel d'oxydoréduction bas, celui du métabolisme anaérobie. Le métronidazole frappe donc les bactéries anaérobies et les protozoaires, mais reste sans effet sur les bactéries aérobies, qui ne réduisent pas son groupe nitro. Sa demi-vie d'élimination moyenne est de huit heures chez le sujet sain, ce qui cadre le rythme des prises sur la journée.
Pourquoi il est prescrit
Le métronidazole couvre plusieurs infections à protozoaires : la trichomonose, l'amibiase et la giardiase. Il traite aussi la vaginose bactérienne et les infections dues à des bactéries anaérobies, notamment les infections intra-abdominales. Son champ d'action recoupe exactement les germes qui prospèrent en l'absence d'oxygène, là où son mécanisme peut s'activer.
En dehors de son autorisation de mise sur le marché, il est également employé contre Clostridioides difficile, une bactérie anaérobie responsable de diarrhées après antibiothérapie. Le médecin choisit la molécule en fonction du germe visé et de sa localisation. La durée de la cure est fixée par l'indication, et le traitement se mène jusqu'à son terme.
Comment le prendre au quotidien
La prise orale peut se faire au cours d'un repas pour limiter l'inconfort gastrique. Manger en même temps ne réduit pas la quantité totale de médicament absorbée : le repas abaisse seulement le pic de concentration et retarde le moment où ce pic est atteint. L'efficacité globale reste la même, et le confort digestif s'en trouve amélioré.
Avec une demi-vie de huit heures, la régularité des prises maintient une concentration active stable. Le métronidazole est transformé par le foie, par oxydation de sa chaîne latérale et glucuroconjugaison, et 60 à 80 % de la dose repart dans les urines. Il faut mener la cure jusqu'au bout et ne pas l'arrêter de soi-même dès que les signes s'atténuent, sous peine de laisser l'infection reprendre.
Les effets à connaître et leur fréquence
Les effets indésirables les plus rapportés sont les céphalées, chez environ 18 % des personnes, et la vaginite, chez 15 %. Viennent ensuite les nausées, de 10 à 12 %, et un goût métallique caractéristique chez 9 %. Le prurit génital touche environ 5 %, les vertiges et la diarrhée chacun 4 %. Le goût métallique et les nausées comptent parmi les plus fréquents et peuvent gêner l'alimentation pendant le traitement.
Des atteintes neurologiques plus rares mais sérieuses ont été décrites : encéphalopathie, neuropathie périphérique touchant parfois le nerf optique, et convulsions. Le risque neurologique augmente avec les cures prolongées ou répétées. Devant de tels signes, l'arrêt du traitement peut s'imposer, et tout symptôme neurologique nouveau doit être signalé sans attendre au médecin.
Alcool et interactions médicamenteuses
L'alcool est à écarter pendant tout le traitement et au moins trois jours après la dernière dose, y compris les produits contenant de l'alcool ou du propylène glycol. L'association déclenche une réaction de type disulfirame, avec bouffées de chaleur, tachycardie, nausées, vomissements et crampes abdominales. L'usage concomitant de disulfirame lui-même est déconseillé, des réactions psychotiques ayant été rapportées chez des patients alcooliques prenant les deux molécules ensemble.
Le métronidazole renforce l'effet des anticoagulants coumariniques comme la warfarine, avec allongement du temps de prothrombine et donc risque hémorragique accru. Une cure courte a par ailleurs été associée à une élévation de la lithémie et, dans quelques cas, à des signes de toxicité au lithium. Ces deux traitements imposent une vigilance particulière lorsqu'ils sont associés au métronidazole.
Le suivi pendant le traitement
Lors des cures prolongées ou répétées, une numération formule sanguine avec formule leucocytaire est recommandée, car le métronidazole peut provoquer une leucopénie et une neutropénie. Une surveillance neurologique accompagne ces cures longues, afin de repérer tôt une neuropathie ou d'autres signes d'atteinte du système nerveux.
Chez les personnes traitées par warfarine, le temps de prothrombine, exprimé par l'INR, se contrôle pendant toute la durée de l'association. Chez celles qui prennent du lithium, la lithémie se mesure de la même façon. Ces dosages ajustent les doses et écartent les complications avant qu'elles ne s'installent.
Sources
Molécules voisines
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Les compléments à envisager
Au-delà de l'assiette, un actif isolé peut se discuter, à valider avec votre médecin ou votre pharmacien. Voici lequel et sous quelle forme.
Probiotiques
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, principalement des lactobacilles et des bifidobactéries. Le dénombrement en UFC et le nombre de souches figurent parmi les critères de choix ; les gélules gastro-résistantes protègent les bactéries de l'acidité de l'estomac.
Forme à privilégier gélules gastro-résistantes, plusieurs souches, nombre d'UFC indiqué
Questions fréquentes
À quoi sert le métronidazole (Flagyl) ?
Le métronidazole est un antibiotique prescrit contre certaines infections bactériennes et à parasites, notamment digestives, gynécologiques ou dentaires. C'est un médicament sur ordonnance, dont l'indication précise dépend de votre situation : reportez-vous à la notice et à votre médecin ou pharmacien.
Peut-on boire de l'alcool pendant un traitement par métronidazole ?
La notice déconseille l'alcool pendant le traitement et dans les jours qui suivent la dernière prise : l'association peut déclencher une réaction dite de type antabuse (bouffées de chaleur, nausées, vomissements). Pour la durée exacte à respecter, référez-vous à la notice et à votre pharmacien.
Quels sont les effets secondaires du métronidazole ?
La notice mentionne notamment des troubles digestifs, un goût métallique, des vertiges et, plus rarement, des troubles neurologiques ou visuels pouvant gêner la conduite. Tout effet inhabituel ou persistant se discute avec votre médecin ou votre pharmacien, en vous appuyant sur la notice.
Le métronidazole présente-t-il des interactions avec d'autres médicaments ?
Oui, la notice signale des interactions, par exemple avec certains anticoagulants comme la warfarine ou avec le lithium. Signalez tous vos traitements, y compris ceux en vente libre, à votre médecin ou pharmacien, et vérifiez la notice avant toute association.
Le métronidazole peut-il déséquilibrer la flore intestinale ?
Comme les antibiotiques en général, le métronidazole agit aussi sur les bactéries du tube digestif, et la recherche relie la prise d'antibiotiques à une altération transitoire du microbiote et à une diarrhée dite associée aux antibiotiques chez une partie des patients. Ces effets et leur prise en charge se discutent avec votre médecin ou pharmacien.
Quels probiotiques envisager pendant un traitement par métronidazole, et sous quelle forme ?
Des travaux associent la prise de probiotiques à une meilleure tolérance digestive pendant un traitement antibiotique, avec des résultats variables selon les souches. Les souches les plus étudiées sur la diarrhée liée aux antibiotiques sont la levure Saccharomyces boulardii et certains Lactobacillus, généralement sous forme de gélules ou de sachets à distance de la prise d'antibiotique. À valider avec votre pharmacien selon votre situation.
Ces réponses portent sur le volet nutritionnel. Pour toute question sur votre médicament, la notice et votre médecin ou pharmacien font foi.