Isoniazide
antituberculeux
Orientation tiercePar la rédaction Layer Nutrition · Comment l'atlas classe les 664 molécules
À quoi sert ce médicament
Sur le plan pharmacologique, Isoniazide se rattache à la catégorie « antituberculeux ». Ce médicament relève du domaine « Anti-infectieux ». Son indication est précise et fixée par la prescription.
Dans le cas d'Isoniazide, cela se traduit ainsi : Traite la tuberculose. La façon de l'utiliser se règle au cas par cas avec le professionnel qui le prescrit.
Sous quelles marques on la trouve
En France, on recense environ 3 présentations remboursables contenant Isoniazide. Elle se présente sous divers noms commerciaux et sous forme de génériques.
- Rifater
- Rifinah
- Rimifon
Spécialités d'origine et génériques délivrent la même substance active ; le choix entre eux se fait avec le médecin ou le pharmacien.
Côté assiette : la vitamine B6
Sous isoniazide, la vitamine B6 (aussi appelée pyridoxine) est le nutriment à garder en tête : à forte dose, le traitement peut gêner les nerfs, et la vitamine B6 sert de contrepoids. L'alimentation aide à en apporter chaque jour, en plus de votre traitement, jamais à sa place.
La vitamine B6 se répartit dans plusieurs familles d'aliments. Côté mer, le saumon en est une bonne source. On la trouve aussi dans la banane, dans les légumineuses comme les haricots secs et les pois chiches, dans le bœuf et le porc, dans les fruits à coque, la volaille, ainsi que dans les céréales complètes et enrichies. Varier ces aliments d'un repas à l'autre couvre l'apport sans effort particulier.
Quelques aliments demandent en revanche de la prudence pendant le traitement. Il vaut mieux éviter ceux très riches en tyramine ou en histamine : certains fromages affinés, le vin rouge et certains poissons comme le thon, qui peuvent déclencher une réaction. Le reste de l'assiette garde toute sa place, et les sources de vitamine B6 citées plus haut n'en font pas partie.




Comment agit l'isoniazide
L'isoniazide est un antituberculeux, et une prodrogue : il doit être activé pour devenir efficace. Cette activation est réalisée par une enzyme de la bactérie elle-même, la catalase-peroxydase KatG de Mycobacterium tuberculosis. Une fois activé, l'isoniazide forme des radicaux et des adduits qui bloquent la production des acides mycoliques, des lipides qui constituent la paroi de la mycobactérie. Privée de ces briques, la bactérie ne peut plus bâtir sa paroi, ce qui rend l'agent bactéricide.
Au-delà de la paroi, l'isoniazide inhibe aussi la synthèse des lipides et de l'ADN de Mycobacterium tuberculosis. Son action se concentre sur cette bactérie, ce qui explique son usage ciblé contre la tuberculose. Sur le plan chimique, c'est une petite molécule de formule C6H7N3O. Ce blocage précis de la construction de la paroi mycobactérienne en fait l'un des piliers du traitement antituberculeux.
Pourquoi l'isoniazide est prescrit
L'isoniazide s'emploie dans deux situations. Dans la tuberculose active à Mycobacterium tuberculosis, la maladie est déclarée : l'isoniazide est alors utilisé en association avec d'autres antituberculeux. Dans la tuberculose latente, la bactérie est présente mais dormante et ne provoque pas de maladie : l'isoniazide s'utilise seul, en prévention, pour empêcher l'infection de se réveiller.
La posologie usuelle chez l'adulte est de 5 mg par kilo, jusqu'à 300 mg par jour, en une seule prise. Le choix entre monothérapie et association dépend donc du contexte, tuberculose latente ou tuberculose active. Dans les deux cas, le traitement s'inscrit dans la durée et se conduit avec un médecin.
Comment le prendre au quotidien
L'isoniazide se prend par voie orale, à jeun, sans aliments : sa biodisponibilité diminue lorsqu'il est administré avec de la nourriture. Il est donc préférable de le prendre à distance des repas. Prendre le comprimé à peu près à la même heure chaque jour de prise aide à maintenir une concentration régulière dans le sang.
La régularité fait toute l'efficacité du traitement antituberculeux, qui se déroule sur plusieurs mois. On ne l'interrompt pas de sa propre initiative : la décision d'arrêter ou d'adapter revient au médecin, notamment en fonction des résultats de la surveillance du foie. Une prise oubliée ou un arrêt prématuré expose au risque d'échec et de résistance.
Le métabolisme par acétylation et le foie
L'isoniazide est éliminé après avoir été acétylé, une réaction portée par l'enzyme N-acétyltransférase 2 (NAT2). Cette acétylation se fait à des vitesses variables selon les personnes : on distingue des acétyleurs rapides et des acétyleurs lents. Le risque de lésion du foie est plus élevé chez les acétyleurs lents, chez les porteurs de variants de la N-acétylation, et en cas d'anomalie de l'enzyme CYP 2E1. Ces différences génétiques expliquent qu'un même médicament soit mieux ou moins bien toléré d'un patient à l'autre.
L'atteinte du foie est l'effet le plus surveillé. Le traitement entraîne une élévation transitoire des transaminases chez 10 à 20 % des patients, dépassant 5 fois la normale chez 3 à 5 % d'entre eux, le plus souvent sans symptôme. StatPearls décrit une atteinte hépatique légère chez jusqu'à 20 % des patients et une atteinte sévère chez environ 1 %. L'hépatite aiguë avec ictère survient chez 0,5 à 1 % des patients et se révèle mortelle dans 0,05 à 0,1 % des cas ; ce risque croît avec l'âge, d'environ 0,5 % entre 20 et 35 ans à 1,5 % entre 35 et 50 ans, et plus de 3 % au-delà de 50 ans.
Nerfs, vitamine B6 et lupus induit
La neuropathie périphérique concerne moins de 0,2 % des patients sous isoniazide, mais les fortes doses peuvent la favoriser. Elle est évitable par l'administration conjointe de pyridoxine, la vitamine B6. En pratique, la pyridoxine est donnée avec l'isoniazide à la dose de 25 à 50 mg par jour, portée à 100 mg par jour chez les patients qui présentent déjà une neuropathie. La vitamine B6 est donc le nutriment directement lié à ce traitement.
Un autre effet, plus rare, est le lupus induit par le médicament, qui survient chez jusqu'à 1 % des patients sous isoniazide. Il s'agit d'une réaction qui régresse en général à l'arrêt du médicament responsable. Connaître ces effets, nerfs, vitamine B6 et lupus, permet de savoir ce qui relève du traitement et ce qui mérite d'en parler au médecin.
Interactions et suivi
L'isoniazide modifie l'effet de plusieurs médicaments. Il augmente la concentration plasmatique de la phénytoïne, ce qui impose une adaptation de dose, et il inhibe le métabolisme de la carbamazépine et de la théophylline, dont la concentration et la toxicité augmentent ; une majoration de la toxicité du paracétamol est également rapportée. Côté alimentation, il faut éviter les aliments et boissons à très forte teneur en tyramine ou en histamine, comme certains fromages, le vin rouge et certains poissons tels que le thon, en raison d'un risque de réaction.
Le suivi biologique encadre le traitement. Avant de débuter, on mesure chez l'adulte l'AST, l'ALT, la bilirubine, les phosphatases alcalines, la créatinine sérique et les plaquettes ; les transaminases sont recontrôlées 2 à 4 semaines après le début chez les patients à risque. On arrête l'isoniazide devant toute élévation confirmée de l'ALT au-delà de 5 fois la limite supérieure de la normale, ou au-delà de 3 fois en présence de symptômes. Une surveillance biochimique mensuelle est conseillée chez les patients à haut risque, âge supérieur à 50 ans ou hépatopathie préexistante.
Sources
Molécules voisines
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Les compléments à envisager
Au-delà de l'assiette, un actif isolé peut se discuter, à valider avec votre médecin ou votre pharmacien. Voici lequel et sous quelle forme.
Vitamine B6 (pyridoxine)
La vitamine B6 est une vitamine hydrosoluble du groupe B, impliquée dans le métabolisme des acides aminés, la formation de neurotransmetteurs et le fonctionnement du système nerveux. En complément, un seul actif à dose utile suffit ; la forme active P-5-P (pyridoxal-5-phosphate) est directement utilisable par l'organisme. Les apports élevés et prolongés de pyridoxine sont à éviter.
Forme à privilégier P-5-P (pyridoxal-5-phosphate) de préférence, à dose modérée ; éviter les fortes doses prolongées
Questions fréquentes
À quoi sert l'isoniazide ?
L'isoniazide est un antibiotique antituberculeux, utilisé dans le traitement et la prévention de la tuberculose. Il est souvent associé à d'autres antituberculeux au sein d'un même protocole. Pour votre situation précise, référez-vous à la notice et à votre médecin ou pharmacien.
Quels sont les effets secondaires de l'isoniazide ?
La notice publique mentionne notamment des atteintes du foie et des troubles neurologiques, comme des fourmillements ou un engourdissement des extrémités. La liste complète et les signes qui doivent alerter figurent dans la notice. Au moindre symptôme inhabituel, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien.
Peut-on boire de l'alcool pendant un traitement par isoniazide ?
La consommation d'alcool est déconseillée avec l'isoniazide, car elle peut majorer le risque d'atteinte du foie signalé dans la notice. Les modalités précises relèvent de votre traitement personnel. Voyez ce point avec votre médecin ou votre pharmacien.
Isoniazide et grossesse ou allaitement : quelles précautions ?
L'utilisation pendant la grossesse ou l'allaitement s'évalue au cas par cas, en pesant le bénéfice et le risque. La notice détaille les précautions à connaître. Cette décision revient à votre médecin, à qui il faut signaler une grossesse en cours ou envisagée.
Pourquoi associe-t-on la vitamine B6 (pyridoxine) à l'isoniazide ?
Des études associent l'isoniazide à une perturbation du métabolisme de la vitamine B6 (pyridoxine) dans l'organisme. C'est cet actif que l'on retrouve classiquement rapproché de ce médicament dans la littérature. La surveillance et la conduite à tenir relèvent du médecin qui suit le traitement.
Sous quelle forme considérer la vitamine B6, et faut-il surveiller un dosage ?
L'actif à considérer est la vitamine B6, sous forme de pyridoxine (chlorhydrate de pyridoxine) ou de pyridoxal-5-phosphate (P5P), sa forme active. Un dosage sanguin de la vitamine B6 peut être discuté selon le contexte. Toute évaluation d'un statut nutritionnel et sa surveillance se décident avec votre médecin.
Ces réponses portent sur le volet nutritionnel. Pour toute question sur votre médicament, la notice et votre médecin ou pharmacien font foi.